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Mars 2020. Notre monde plonge dans le silence. Les salles se ferment, les rideaux tombent.
Tous ensemble, conscients de la gravité de la pandémie, nous nous mettons en retrait de toutes nos activités pour limiter la transmission du virus du Covid-19. Nous sommes solidaires.

Septembre 2020. Avec une prudente euphorie, nous rouvrons nos salles. Dans des conditions drastiques de sécurité, nos spectateurs reviennent un peu, puis un peu moins, puis plus du tout. Rideau.

Janvier 2021. Deux cents jours sans théâtre. Deux cents jours sans cirque. Deux cents jours sans danse. Deux cents jours sans musique. Deux cents jours sans vous.

Le silence.

Alors oui,  il y a eu un peu d’activités, quelques idées ; nos salles sont restées ouvertes pour des répétitions – masquées ; des artistes se sont produits devant les maisons de repos,  des acrobates ont effectué quelques figures  derrière des vitrines ou dans des cours de récréation d’écoles ;  la RTBF, avec un soutien financier de la FWB a mis en place un vaste programme de captation de spectacles interrompus dans leurs représentations publiques, pour leur trouver une autre forme de diffusion via sa plateforme Auvio…

Mais toutes ces initiatives dont on se réjouit, ne compensent pas le silence de nos maisons et le silence de nos gouvernements.

Quel avenir pour les artistes, les lieux de culture ? Quelle considération pour les spectateurs ?

En Espagne, pays parmi les plus touchés – faut-il le rappeler ? – le choix avait été fait de maintenir les salles ouvertes ; en 6 mois, nous n’avons eu aucun foyer épidémique, se félicite  Marta Rivera de la Cruz, conseillère culture du gouvernement régional de Madrid, dans une interview accordée au Monde, le 23 décembre 2020. Bien mieux encore, Madrid a débloqué des aides pour les salles sous condition qu’elles rouvrent avec un dispositif sécurisé (masque distanciation, jauge maximale à 75%).

Chez nous, le silence. Certains  ont déjà jeté l’éponge de toute la saison. Les reports sans cesse reportés, les programmations sans cesse réinventées… Rendez-vous en septembre prochain si tout va bien ?

Il est aussi des institutions, des théâtres,  des compagnies pour lesquels l’absence de recettes de billetterie, de location de salles ou autres rentrées financières devient une question cruciale de survie.

Des personnes, des artistes, techniciens, intermittents de la culture se battent pour se voir reconnaître une indemnisation ;  entre les différents régimes de chômage, chômage temporaire pour force majeure,  chômage temporaire pour force majeure « Covid-19 », allocation du CPAS, il ne peut y avoir de cumul mais la confusion règne parfois et cela leur est toujours préjudiciable.

Les compensations financières annoncées restent incertaines, médiocres. Nos Ministres se renvoient les responsabilités. Silence sur les conditions d’une possible réouverture, silence sur nos perspectives.

Un pays qui ne défend pas sa culture est un pays qui meurt de froid.

Janvier 2021. Deux cents jours dans le froid.

Nous avons adressé en décembre dernier nos réflexions sur l’avenir de la politique culturelle que nous espérons voir portée en Fédération Wallonie Bruxelles (à lire ici et relayé dans Le Soir ce 3 janvier).

Nous attendons maintenant de nos gouvernements une clarification des conditions d’accompagnement, financières et structurelles de réouverture et  des perspectives.

Sommes-nous si naïfs et idéalistes pour imaginer que si on permet le shopping, les avions, les trains et les métros régulièrement bondés, il est possible aussi d’organiser une réouverture de nos salles sécurisées, avec vous, chers spectateurs, chères spectatrices, averti.e.s et responsables ?

Bonne année 2021…