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Expo Manière bleue Dany Danino à Thank’s Galerie

février 9 - mars 16

Gratuit

Nous avons le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition « Manière bleue » de Dany Danin qui aura lieu du 09/02 au 16/03 à la THANKSgalerie

Dany Danino est dessinateur, peintre, graveur. Il est né en 1971 à Yaffo (Israël) et a étudié à l’académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Actuellement, il vit et travaille à Bruxelles.

Dany Danino nous propose ici une série de gravures à la pointe sèche tantôt transférées sur papier tantôt en tant que matrice. Dans ce bleu intense, l’œil se ballade entre lignes courbes, flux brumeux, nuages atomiques, éléments charnels, superpositions denses et répétitions fluides. Une exposition à voir à la THANKSgalerie du 09/02 au 16/03 du jeudi au samedi de 10 à 18h ou sur rendez-vous.

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MANIERE BLEUE
Dany Danino
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On n’y voit que du bleu !

Aujourd’hui, l’interrogation qui sous-tend le processus créatif est souvent supplantée par la nécessité, illusionniste et anecdotique, d’obtenir une image immédiate. Ceci réprouve le temps qu’exige le regard pour analyser et comprendre, au profit d’une pensée de l’évidence. Tel paradigme n’est pas surprenant. Chaque époque est l’objet de modes et de conformismes. La nôtre, à l’image de ChatGPT, vit dans un instantané qui occulte le processus de réflexion, de découverte et de création.

Quant à l’art, on sait que la distance temporelle pourra ultérieurement restituer les valeurs esthétiques d’une œuvre en dehors des normes (sur)définies de sa contemporanéité. Tel est le cas de la gravure qui, depuis les grottes de Lascaux, continue de faire l’objet d’une pratique sans cesse renouvelée et d’un « faire-voir » qui est la quintessence du plasticien. De fait, on y trouve un questionnement sur le positionnement et l’engagement – deux postures qui exigent le développement d’un regard singulier sur le monde. Ce n’est donc pas une pratiquée aisée, car elle exige une recherche du sens et un développement perceptif par le regard et le geste.

Pour réaliser une gravure, il faut se munir d’outils ancestraux tels qu’une pointe, de diamant ou de carbure, laquelle est enchevêtrée dans un porteplume en bois. Alors la pointe incise et agresse une plaque de cuivre ou de zinc à la recherche de failles. Sous la pression de la main, les traits composent en creux un motif gravé : un dessin analytique et en formation.L’impression du dessin se fait donc de façon mobile et évolutive selon des encrages et des ajouts.

Rien n’est fixe : tout coexiste pour venir buter sur la dureté du métal. Ainsi, une plaque comporte plusieurs vies, comme un potentiel de propositions mobiles autour d’une même image. D’où ces questions essentielles pour l’artiste : comment épuiser les limites d’une matrice ? Comment finir ou achever une figure ?

La gravure, c’est donc une langue visuelle qui transfère, par « mise en amour », la matrice vers le papier. En effet, un encrage ou une impression n’est pas un geste anodin. Il s’agit d’un acte manuel et sensoriel qui outrepasse la méthode et provoque le motif afin d’obtenir une liberté lors de l’impression. Il en résulte que chaque pièce, ainsi prise dans un continuum, propose une inventivité graphique inédite.

Quant à la pointe sèche, il s’agit d’une technique du geste et du trait qui ne peut mentir et ne laisse pas de place au repentir. En incisant le métal, on dégage des copeaux : des fragments de matières sur les à-côtés que l’on nomme des « barbes baveuses ». Ce procédé préfigure les traits les plus écorchés, les plus physiques et jouissifs de la gravure. En accumulant des entailles resserrées et superposées sur une surface donnée, je crée ma « manière bleue », qui provient de la manière noire plus traditionnelle. Cette trame où l’encre – un Bleu de Prusse – s’accroche et s’étale, est prise dans un mouvement de recherche et d’inventivité, tels des lisiers d’encre nocturnes et fantasmagoriques.

Mon approche est celle d’un ténébreux dont le Paradis perdu est pareil au Domaine d’Arnheim d’Ensor : un oiseau de nuit à l’affut de signes qui signifient sans décrire une apparition saturée de lignes, celles-ci étant si innombrables qu’elles constituent des obstacles au geste de la taille.

Plus on grave une zone, plus la zone résiste.

Dans mes créations, des natures mortes de Jan Fyt ou des portraits du Caravage se baladent au travers des peintures de Rembrandt, telles que La Ronde de nuit, L’Homme au casque d’or ou Danaé. Que j’aime Rembrandt et son obscurité qui, dans la lumière du désir, révèle le corps d’une jeune femme en extase au regard d’une fougue masculine. Les planches anatomiques de cœur, de poumons, d’écorchés et de crânes viennent épancher et compléter cette soif de citations et de références, de fantaisies et de jouissance.

Le fil d’Ariane de l’histoire de l’art se poursuit. Les images référentielles des gravures sont des rayons X des tableaux. C’est un travail sur la réminiscence où des mains désignent le sol et le ciel. Où est l’endroit et son envers, la droite et sa gauche ? Quel est le mouvement de l’œil dans la composition ? Comment le regardeur pénètre-il dans la facture sensuelle de l’estampe ? Autant d’interrogations suscitées par la démultiplication du temps et de l’espace dans la fougue du geste et la succession de chairs dessinées – une gravure mouvementée par l’écriture étendue des arabesques entrainant le regard dans un espace de signes cinétiques.

C’est un travail de gravure sans réponse définitive où l’image est un piège tendu car, ce qu’il faudrait, c’est prendre le temps de voir et d’interpréter au-delà d’une surface. Ainsi, on peut considérer que la lenteur du processus est un acte de résistance plastique face à la circulation continuelle d’images dans notre contemporanéité. Le plaisir d’apprendre une langue visuelle, de découvrir une écriture personnelle et de comprendre le sens qu’on y accorde passe par une phase de travail et d’échecs. Ainsi, je pense que la durée de réalisation d’un travail est un acte naturellement inscrit dans la génétique de notre espèce.

A partir de toute cette matière, à moi infatigablement de m’engager et de tenter désespérément d’être plasticien.

Un travail n’a de véritable raison d’être que s’il sème le doute dans ce que l’on tient ou tenait pour acquis.

– Dany Danino –

 

Détails

Début :
février 9
Fin :
mars 16
Prix :
Gratuit
Catégorie d’évènement:
Site :
https://www.facebook.com/share/7DeJESNtgNeKyDN7/?mibextid=9l3rBW

Organisateur

Thanks Galerie

Lieu

ThanksGalerie
rue des Fripiers 22
Mons, 7000 Belgique
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